Joue-la comme Quentin Blake

En traînant au rayon jeunesse de ma médiathèque préférée, je suis tombée sur un recueil des travaux de Quentin Blake commentés par lui. Quentin Blake? Mais si, le type qui a illustré les romans de Roald Dahl, comme, au hasard, Charlie et la chocolaterie (dont l’imagerie, si j’en crois ma recherche, Google est malheureusement préemptée désormais par Tim Burton).

Se replonger dans sa carrière est vraiment plaisant, son trait simple et énergique, ses aquarelles spontanées sont comme un énorme sourire au lecteur. Bon, le livre compte quelques longueurs, et les passages les plus intéressants sur ses techniques de travail se trouvent aussi sur son site :  il travaille à la table lumineuse mais fait bien attention à ne pas trop voir son brouillon au travers, pour garder la spontanéité du trait. Il commence par les visages car c’est le plus difficile. Et si l’expression obtenue ne lui convient pas, il reprend. Ainsi s’empilent à côté de lui les essais ratés, belles feuilles de papiers aquarelle ornés de trois seuls traits.

Son travail sur le modèle vivant est intéressant aussi. Il écrit : «Il m’arrivait cependant de me détourner du modèle pour dessiner de mémoire (le décalage est saisissant). Une fois chez moi, en fin de journée, je continuais à inventer, de mémoire, d’autres nus d’après nature. Je tentais d’établir, face au modèle et en l’absence de modèle, le juste équilibre entre la perception et l’imagination. Car dessiner, c’est pour l’essentiel imaginer ce qu’on est en train de dessiner, c’est chercher  sentir l’équilibre, le geste, et se fondre dans le sujet». Si les enfants aiment tellement ses dessins, c’est, pense-t-il, parce qu’«ils sont quelque chose qui est en train de se produire. Il s’agit de séquences temporelles où un bras va représenter le geste autant que l’anatomie.» C’est vrai que dans ses images, il se passe toujours quelque chose. Allié à son sens de la composition et son trait si souple, leur puissance narrative est extraordinaire.

Bref, à force de me promener dans ses dessins, j’ai eu envie de Quentinblakiser mon canapé. Et Hermann, bien sûr!

Blake

Ça lui va bien non?

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